lundi 13 décembre 2010

SNJT : Agir pour agir, et après ?

STRICTO SENSU

SNJT : Agir pour agir, et après ?

Par Bassam Bounenni

C'est quasiment une lapalissade de reconnaître que pour résoudre un problème, il faut déjà admettre son existence. C'est le cas de la crise du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT). Des communiqués par-ci, des diatribes par-là et, soudainement, l'annonce d'un congrès "réunificateur". Du "effaçons et on repart à zéro". Sauf que dans la vie normale d'un syndicat, le dernier mot ne revient jamais aux "bonnes" intentions. Seuls les textes qui régissent toute organisation professionnelle doivent avoir l'autorité suprême sur tous. Car, un précédent putschiste peut ouvrir les portes à une désunion pérenne voire banalise les chartes et les statuts des organismes. Plus important encore, il faut redéfinir les compétences et les champs d'action du SNJT. Certains aiment bien se contenter à résumer le rôle du syndicat à la simple défense des droits pécuniaires des journalistes. D'autres, sympathiques comme jamais, évoquent la formation. Faut-il admettre que tout cela est plausible. Mais, ce n'est pas tout et c'est même rien devant ce qui incombe réellement et forcément à un syndicat. Le SNJT doit défendre la liberté de la presse, besoin vital pour chaque journaliste ambitionnant de mener à bien sa mission et d'exercer ordinairement et naturellement sa profession. Ce n'est ni un don, ni un luxe. C'est bel et bien la condition sine qua non pour le bon fonctionnement du corps du métier et, partant, la raison d'être du syndicat. Pour ce faire, le SNJT doit atteindre un statut privilégié dans l'organisation du métier, aussi bien sur le plan social que sur le plan législatif. Il lui revient également les tâches d'octroi de la carte de presse ainsi que de la formation, en coordination avec les parties concernées. Et c'est aux journalistes de faire pression pour arracher un tel statut, sans lequel leur organisme serait une pure et simple velléité. Cependant, il est impossible, dans l'état actuel des choses, de remettre de l'ordre au sein du SNJT, même en cas de tenue d'un congrès, dans la mesure où plusieurs abscès subsistent encore. Des réunions et des rencontres entre journalistes s'imposent. Franchise, transparence, rupture avec la langue de bois, et audace seront les mots d'ordre. Car, au-delà des calculs des uns, et des fins extra-professionnelles des autres, il faut admettre que le SNJT est né mort. Du coup, il faut oeuvrer de concert pour une résurrection d'un syndicat plus fort, plus solide et inévitablement indépendant.

Attariq Aljadid

N:209-11/12/2009




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